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PROGRAMME 2018
1ère partie
du 23 au 25 mars
CAMERATA DI CRACOVIA
Jeune Orchestre de Cracovie
23/03 : Valloires
24/03 : St-Martin en Campagne
25/03 : Ville d'Eu
Samedi 7 et dimanche 8 avril
Journée des Métiers d'Art
Ville d'Eu
du 13 au 15 avril
ORLANDO FURIOSO
avec Apertura
13/04 : Le Tréport (scolaire)
14/04 : St-Martin le Gaillard
15/04 : Mers les Bains
Samedi 19 mai
PIERRES EN LUMIÈRE
La Chapelle du Cardomoy
Aumale
Samedi 26 mai
TARTUFFE ? FLÛTE ALORS !...
Théâtre d'Arguël
Vendredi 22 juin
FÊTE DE LA MUSIQUE
avec Peter Lamprecht
Ville d'Eu & St Rémy Boscrocourt
(sous réserve)

du 8 au 15 juillet
ATELIERS DE MUSIQUE ANCIENNE
08/07 : Ault
09/07 : Varengeville
10/07 : Mesnières
11/07 : Le Crotoy
13/07 : Le Tréport
14/07 : Mers les Bains
15/07 : Ville d'Eu

Attention ! Plusieurs dates sont encore en cours de négociation avec nos partenaires.

  JEMA

Journées Européennes
des Métiers d'Art

L’atelier des clavecins de la Vallée de la Bresle

Samedi 7 et dimanche 8 avril 2018 de 10H à 18H
Visites de l’atelier

18 Boulevard Victor Hugo à Eu
Sur RdV au 06 30 49 44 29



Musicien spécialiste de musique baroque, Jean-Pierre Menuge s’intéresse très jeune à la facture de clavecin. C’est au milieu des collections du Musée des Instruments Anciens de Paris qu’il s’initie aux secrets des clavecins et reçoit les premiers conseils de M. Robin et P. Abondance. A 17 ans, avec l’aide de son père, il construit un premier instrument, qui sera suivi d’une dizaine d’autres. De nombreuses rencontres avec des facteurs, dont celle décisive avec Philippe Humeau qui exerce à Barbaste l’oriente vers la réalisation de copies. Son dernier travail a été réalisé d’après un modèle original de Tibaut (Toulouse 1691) conservé au Musée de Paris. Fasciné par le raffinement de l’instrument et l’équilibre subtil entre légèreté et solidité, il mêle étroitement sa pratique de facteur à celle de musicien féru de musique baroque. Il est persuadé et persuade que la connaissance de la musique ancienne passe par l’appropriation des outils, instruments, partitions, traités employés par les contemporains. Son intérêt pour la musique ancienne, loin d’une quelconque nostalgie pour le passé, côtoie chez lui une recherche passionnée des valeurs humanistes qui, à travers les siècles, unit les générations.
Depuis 2004, Jean-Pierre Menuge ouvre son atelier à l’occasion des Journées Européennes des Métiers d’Art et partage sa connaissance des clavecins et de leur fabrication. Il présente trois instruments terminés, deux clavecin français d’après Tibaut 1691) et un instrument allemand d’après Vater 1738. Il travaille actuellement sur un modèle flamand de J. Rückers 1634, conservé à Edimburgh dans la Russel Collection. Il présente les outils qu’il utilise, les sources documentaires sur lesquelles il travaille. La visite est ouverte à tout public, y compris les enfants.



Un clavecin copie d’après Vincent Tibaud 1691

Copie d’après un original de Vincent Tibaud (Toulouse 1691) conservé au Musée Instrumental de Paris réalisé par Jean Pierre Menuge et terminé en 1996.

Tibaud est l’un de ces facteurs français de la fin du XVIIème siècle dont la gloire sera longtemps éclipsée par celle de ses cadets, les Denis,Taskin, Blanchet et autres figures de la facture française du XVIIIème siècle. Parmi les rares instruments du XVIIème siècle qui nous soient parvenus, ceux de Vincent Tibaud (1647-1691) retiennent l’attention.

Trois instruments subsistent, l’un conservé au Musée instrumental de Bruxelles (1679), le deuxième dans une collection particulière à Paris (1681) et le troisième au Musée Instrumental de Paris (1691). C’est ce dernier qui a inspiré cette copie extrêmement fidèle aux mesures de l’original, particulièrement dans le façonnage et l’assemblage de la table d’harmonie. Vincent Tibaud devant mourir quelque temps après avoir terminé cet instrument, cet original du Musée Instrumental de Paris prend une valeur en quelque sorte testamentaire. Il faut noter dans la construction de la caisse les mélanges des influences italiennes (fond épais, éclisses rapportées, équerres de montage....) et flamandes (courbe peu prononcée, traverses renforçant la contre-éclisse....). Nous sommes à Toulouse, sans doute au confluent des influences méridionales et septentrionales.

Le barrage de la table d’harmonie est très particulier: une grande barre diagonale traverse le milieu de la table, perpendiculaire au boudin et aux deux chevalets. Cette structure produit un timbre original, sans doute le fruit d’une recherche très personnelle du facteur. On peut imaginer ce que les Louis Couperin, Chambonnière, Clérambault ou d’Anglebert devaient entendre. Le grave est profond, l’aigu limpide. L’opposition des deux claviers offre de nombreuses combinaisons sonores et leur accouplement (une originalité, c’est le clavier inférieur qui coulisse sous le clavier supérieur) produit un son puissant et généreux.

Le traitement décoratif des instruments originaux de Tibaud est très particulier. Peu d’instruments connus sont en effet marquetés. Tibaud utilisait avec une grande virtuosité le noyer et les incrustations d’érablesycomore.

Ce clavecin a été fabriqué par Jean-Pierre Menuge dans son atelier de Eu avec des bois « de pays », tilleuls, hêtres, noyers sciés par l’entreprise Quenot de Monceaux Soreng. Un tourneur sur bois près de Rambure a fourni les piétements et Madame Catherine Carré-Duvieuxbourg, doreur sur bois à Bussy-les-Poix a décoré la rosace de la table d’harmonie.